Mardi, huit heures et demie. Un garagiste ouvre son site pour vérifier les horaires qu'il a modifiés dimanche. La page est vide, à l'exception d'une ligne de texte gris. Une mise à jour a tourné pendant la nuit et quelque chose a cassé. Il appelle son hébergeur et reçoit une réponse rassurante : « Ne vous inquiétez pas, nous faisons des sauvegardes quotidiennes. »
L'après-midi, le site est rétabli. Mais les trois nouvelles pages de services écrites il y a quinze jours ont disparu, ainsi que les demandes reçues cette semaine-là par le formulaire de contact. La seule copie réellement restaurable avait huit jours.
Personne n'a été négligent. Les sauvegardes existaient. Elles n'avaient simplement jamais été essayées.
« Nous faisons des sauvegardes » contient en réalité quatre promesses
Quand un prestataire dit qu'il sauvegarde votre site, il avance quatre affirmations distinctes. Quelque chose est copié. La copie est conservée un certain temps. Elle est conservée ailleurs que sur le serveur d'origine. Et un être humain peut la remettre en place, dans un délai que vous pouvez supporter.
La quatrième est la seule qui compte un mardi matin, et c'est précisément celle que personne ne teste.
Quatre questions à envoyer aujourd'hui
Qu'est-ce qui est copié ? Seulement les fichiers, ou aussi la base de données ? Un site construit sur un système de contenu conserve vos textes, vos pages et les messages reçus dans cette base. Les fichiers seuls ne vous rendront qu'une coquille vide.
Jusqu'où puis-je remonter ? Hier soir uniquement, sept jours, trente jours ? Si une erreur passe inaperçue pendant une semaine, une fenêtre de 24 heures ne vaut rien.
Qui appuie sur le bouton, et combien de temps cela prend-il ? Pouvez-vous le faire vous-même depuis l'espace client, ou faut-il ouvrir un ticket et attendre ? Demandez un nombre d'heures, pas un « rapidement ».
Puis-je garder ma propre copie ? Un export mensuel que vous téléchargez sur votre disque ou votre espace cloud vous rend indépendant de la bonne volonté d'une seule société.
Notez les réponses dans un e-mail que vous vous envoyez à vous-même. Cet e-mail devient votre plan de reprise, et c'est déjà plus que ce dont dispose la plupart des petites entreprises.
Faites l'exercice une fois, sur une copie
Le seul moyen de savoir qu'une sauvegarde fonctionne, c'est de la restaurer. Sans mettre le site en production en danger : un hébergement correct permet de créer un site de préproduction, une copie privée de votre site à une adresse cachée que personne d'autre ne voit.
Restaurez-y la sauvegarde de la nuit et chronométrez avec votre téléphone. Cliquez ensuite sur les cinq choses qui rapportent de l'argent : le formulaire de contact, l'étape de réservation ou de commande, le lien téléphone cliquable, la liste des prix, les horaires. Tout est revenu ? Le formulaire part-il vraiment ?
Écrivez les étapes sur une seule page tant qu'elles sont fraîches. Une demi-heure un mardi calme vous achète une matinée sereine le jour de la panne.
Ce qu'une sauvegarde de site ne contient jamais
Votre site n'est qu'un des éléments qui peuvent s'arrêter. Le nom de domaine est chez un registrar et pointe vers votre serveur via des réglages DNS, absents de toute sauvegarde de site. Vos boîtes mail sont souvent chez un autre prestataire encore. Votre système de réservation ou de caisse est en général un service extérieur, avec son propre export que vous devez activer vous-même. Vos factures sont dans la comptabilité. Vos photos sont sur le téléphone de quelqu'un.
Et il y a le savoir lui-même : une seule personne sait où tout se trouve, et elle part en vacances le mois prochain.
Un nom de domaine qui expire discrètement emporte avec lui le site et la messagerie.
Rédigez donc une feuille unique : qui a enregistré le domaine, quand il se renouvelle, quelle carte le paie, où tourne la messagerie, où tourne le site. D'expérience, cette feuille vaut plus que n'importe quel calendrier de sauvegardes, parce qu'elle répond aux questions que l'on se pose au pire moment.
À faire cette semaine
- Envoyez les quatre questions à votre hébergeur et conservez la réponse.
- Restaurez une sauvegarde sur une copie de préproduction et chronométrez-la.
- Rédigez la feuille unique : domaine, DNS, messagerie, hébergement, payeur, dates.
Si vous ne savez plus quel élément est chez quel prestataire, ITSysPro démêle assez souvent ce genre de sujet peu glamour mais utile pour de petites structures — nous en discutons volontiers, sans engagement.