Un garagiste nous a appelés ce printemps. Un concurrent installé deux rues plus loin venait de lancer une application, et il voulait savoir combien cela coûtait. Nous avons d'abord posé une seule question : à quelle fréquence le même client passe-t-il chez vous ? Deux fois par an, a-t-il répondu — le contrôle technique et une révision. Ensuite, il n'a plus été question d'application.

Cette question tranche mieux que n'importe quelle liste de fonctionnalités. Voici comment y répondre pour votre propre activité, et quelles sont les alternatives honnêtes.

Ce qu'une application fait vraiment et qu'un site ne fait pas

Quatre choses, en réalité. Elle occupe l'écran d'accueil : l'ouvrir demande un appui du pouce, pas une recherche. Elle peut envoyer une notification sur un téléphone verrouillé. Elle fonctionne sans réseau — utile dans un parking souterrain ou sur une tournée de livraison à la campagne. Et elle va plus loin dans le téléphone : scanner des codes-barres en continu, suivre un trajet en arrière-plan, conserver une carte de paiement.

Tout le reste de ce que l'on demande — commander, réserver, un solde de fidélité, une carte, des photos, un formulaire — un site mobile le fait tout aussi bien. Si toute votre liste de souhaits tient dans ce second groupe, vous demandez une application parce que cela fait plus sérieux, pas parce que vous en avez besoin. Ce sentiment coûte cher.

Le test de fréquence

Demandez-vous combien de fois un même client est en contact avec votre entreprise au cours d'un mois ordinaire.

Chaque semaine ou plus — un restaurant du midi, une salle de sport, un coiffeur avec des habitués, un grossiste dont les acheteurs recommandent — et une application peut se justifier. Les gens acceptent l'installation parce qu'ils s'en serviront des dizaines de fois.

Une fois par mois — cas limite. Tout dépend si l'application fait gagner du temps à chaque passage.

Quelques fois par an — un garage, un dentiste, un plombier, une salle de réception — non. Personne ne garde une icône sur son écran d'accueil pour quelque chose qu'il utilise en mars et en septembre. Vos clients l'installeront, s'en serviront une fois, puis la supprimeront quand la mémoire du téléphone sera pleine. Vous aurez payé un canal qui ne touche plus personne.

Ce qu'une application coûte une fois construite

Le prix de développement est la partie que tout le monde chiffre. Les coûts récurrents sont ceux qui surprennent.

Il faut un compte développeur dans les deux boutiques — Apple facture environ 99 euros par an, Google une somme unique d'environ 25 euros. Chaque mise à jour passe par une validation qui prend de quelques heures à quelques jours, et revient parfois refusée pour un détail. Les systèmes des téléphones évoluent chaque année, et une application que personne ne touche finit par ne plus fonctionner ou ne plus être acceptée. Prévoyez une petite mise à jour d'entretien tous les quelques mois, même si vous ne changez rien.

Et surtout le coût le plus difficile : la faire installer. Un site se transmet par un lien, un SMS, un QR code sur le comptoir, un résultat Google. Une application exige une décision consciente, un mot de passe de boutique et 80 Mo sur le téléphone de quelqu'un. D'après notre expérience, c'est là que la plupart des applications de petites entreprises s'éteignent — pas au moment de la construction.

La voie intermédiaire : un site qui se comporte comme une application

Il existe une solution intermédiaire que l'on propose rarement aux dirigeants. Un site mobile moderne peut être enregistré sur l'écran d'accueil avec sa propre icône, s'ouvrir en plein écran sans barre de navigateur, se souvenir de qui vous êtes et continuer à fonctionner sur une mauvaise connexion. Dans le métier, cela s'appelle une progressive web app — en pratique, c'est votre site, avec un raccourci.

Vous gardez le lien, votre fiche Google et une seule base de code pour iPhone et Android. Les notifications sont possibles mais plus délicates, surtout sur iPhone, et le client doit ajouter le raccourci volontairement. Pour une carte de fidélité, une commande répétée, une réservation ou un menu, cela suffit généralement — pour une fraction du prix.

À faire cette semaine

  • Ouvrez les statistiques de votre site et notez la part des visites venant d'un téléphone. Si elle dépasse la moitié — c'est presque toujours le cas — votre site mobile est votre vitrine, application ou non.
  • Comptez combien de fois votre meilleur client a acheté chez vous ces douze derniers mois. Posez ce chiffre sur papier avant qu'on ne vous chiffre une application.
  • Prenez votre propre téléphone, réservez ou commandez depuis votre site, et chronométrez. Au-delà de quatre-vingt-dix secondes, c'est une correction qui rapporte plus vite que n'importe quelle application.

Si, au bout de cet exercice, la fréquence est bien là, une application devient une étape raisonnable — et chez ITSysPro nous réfléchissons volontiers avec vous avant la moindre dépense.